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Le 30 January 2014 à 12:01 | mise à jour le 18 March 2014 à 16:12

Roller et électro-stimulation

Roller et électro-stimulation

Envie de vous dépasser et d’augmenter vos performances à roller ? Les conditions météos ne sont pas idéales en cette période hivernale pour un entrainement efficace sur des rollers ? Il existe peut être une solution à la hauteur de votre motivation sportive : l’électro-stimulation…

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Un bon complément mais pas un entraînement en soi

Qu’est-ce qu’un appareil d’électro-stimulation musculaire ?

ElectrostimulateurC’est un générateur de courant  miniaturisé qui transforme le courant électrique alternatif en un courant excito-moteur, pourvu que  les électrodes de conduction soient placées sur les plaques neuro-motrices du muscle. En général, une carte de ces principaux points est livrée avec l’appareil.  

Comment ça marche ?

Un appareil d’électro-stimulation permet  la contraction involontaire du muscle squelettique. Ce courant se substitue à l’influx nerveux ; on parle donc de gymnastique passive.

Les courants de basse fréquence (le plus souvent entre 20 et 100 Hz) sont utilisés pour obtenir une contraction involontaire du muscle dans un but  sportif : différents programmes sont à disposition :

  • l’amélioration du retour veineux
  • le renforcement de la masse musculaire
  • la résistance
  • l'endurance
  • la relaxation

La taille des électrodes influe sur  la résistance de la peau au passage du courant (1) on peut dire qu’une électrode de petite taille permet de localiser et de faire passer plus de courant mais la sensation de picotement sera plus désagréable.

On utilise préférentiellement le courant bipolaire avec 2 électrodes placées à la partie proximale du muscle et à sa partie distale, avec la plus grande distance entre elles pour obtenir une action en profondeur (2)

Existe-t-il de réelles bases scientifiques à l’appui de l’électro-stimulation ?

Différentes études ont étés mises en place depuis le début du 20ème siècle concernant l'utilisation d'un Electrostimulateur qui ont toutes montré que la force musculaire maximale a augmenté entre 20 et 30% % après 5 semaines d'entraînement par ESM, à raison de 3 séances hebdomadaires de 12 mn avec une intensité maximale supportable, sur une périodicité de 5s de contraction et 15s de repos,  tandis qu'aucune amélioration n'a été observée dans le groupe témoin. (3)

ElectrostimulateurCombinée à des exercices dynamiques volontaires, l'ESM entraîne également une amélioration des aptitudes et performances spécifiques à la discipline pratiquée.(4)

L'Electrostimulation de basse fréquence augmente significativement la force musculaire isométrique. Elle n'améliore pas la force dynamique, pliométrique sauf si elle est couplée à un entraînement volontaire. Cela reste donc une méthode d’appoint pour le volume d’entraînement engendrant une fatigue moindre.

D'un point de vue neurologique, des équipes d’études ont découvert que l'entraînement par ESM améliorait l'activité générale du muscle stimulé : les nerfs moteurs sont capables d'activer plus de fibres musculaires avec l'ESM, alors que les contractions volontaires recrutent des fibres musculaires en alternance et de manière dispersé, procurant un repos relatif et une plus grande  durée d’exercice. Les adaptations nerveuses ont principalement lieu pendant les 4 premières semaines d'entraînement tandis que l'adaptation musculaire devient significative entre 4 et 8 semaines.(4)

L’électro-stimulation a mis en évidence une meilleure adaptation cardio-respiratoire à l’effort que la contraction volontaire par la mesure de la consommation d’O2 dans les gaz du sang et la fatigabilité musculaire.(6)

Mais à quoi pourra bien me servir cet appareil dans ma pratique du roller ?

- On peut améliorer le retour veineux et donc la décongestion musculaire liée à l’entraînement : « laver » les toxines métaboliques résiduelles à l’exercice ; On a pu constater que des contractions régulières et rythmiques douces avaient un effet de « pompe » sur la circulation sanguine intra musculaire.

- Cela  ajoute de la variété au programme d'entraînement, un facteur de motivation pour certains patineurs. On peut ainsi s’entraîner en lisant un bouquin, en regardant la télé ou en méditant sur un sofa.

- On peut obtenir une réduction des douleurs musculaires par augmentation de la production d'endorphines et d'enképhalines (substances naturelles aux propriétés antalgiques) en utilisant un programme de récupération. Un travail musculaire engendre toujours une libération hormonale « apaisante ».  Vous êtes dans un état second artificiel mais bien agréable et générateur d’addiction à l’effort ! Et oui, nous sommes tous des drogués...

- Cela procure une récupération active sans surcharge des liaisons tendineuses et des articulations. En effet les muscles se contractent isométriquement et n’entraînent pas de mouvement articulaire, donc vous travaillez sans fatiguer les structures périphériques du muscle.

- Selon le programme on obtient une diminution de la tension musculaire par un effet relaxant des fibres musculaires car contrairement aux programmes de renforcement musculaire, le programme « récupération active » ne provoque pas de puissantes contractions, mais de simples secousses musculaires induisant une sensation de massage.

Super plus besoin de chausser les patins pour s’entrainer !

Musculation rollerHé non car la performance sportive est l’addition de nombreuses qualités : cardio-vasculaire, technique… et musculaire. il serait donc illusoire de penser que l’électro-stimulation est un entraînement complet.

On peut l’utiliser en complément de son entraînement dynamique.  Malgré tout il a été démontré qu’une récupération active après l’entraînement, basée sur une poursuite de l’exercice avec une intensité moyenne, permettait d’éliminer plus facilement les lactates, permettait un assouplissement des myofilaments et évitait les courbatures du lendemain.

Des  évaluations faite sur 3 groupes de nageurs de compétition ont permis de constater que  la méthode de récupération par nage à une intensité submaximale a permis la plus forte baisse du taux de lactate dans le sang sur le premier groupe.

La récupération par ESM a cependant entraîné une réduction sensiblement plus importante de ce taux sur le deuxième groupe par rapport à la récupération par repos imposé au 3ème groupe. (5)

L'ESM peut être inconfortable voire être douloureuse (activation plus importante des aires sensorielle et motrice primaires, proportionnelle à l'augmentation de l'intensité de l'ESM).

Et pour l'échauffement ?

En ce qui concerne les programmes d’échauffements, nous émettons de sérieuses réserves. En effet le but de cette préparation est de faire monter la température du corps pour augmenter les capacités à produire un effort musculaire, améliorer la visco-élasticité des muscles et périphériques, lubrifier les articulations et surtout mettre en confiance le patineur au niveau de la coordination motrice. Or, nous venons de voir que l’ESM ne prétend pas améliorer cela.

Les contre-indications

Il existe des contre-indications : épilepsie, femmes enceintes, porteurs de pacemaker, arythmie cardiaque, thrombose veineuse ou ischémie artérielle des membres inférieurs, hernie abdominale ou inguinale.

Quel appareil choisir ?

Il est évident qu’un appareil pouvant fournir des courants jusqu’à 120 mA et 150hz avec une batterie ou une alimentation secteur ne coûtera pas 15 euros (il existe des produits à ce tarif sur le marché). N’allez pas non plus vous fournir chez un détaillant de produits paramédicaux car ce sera l’assommoir ! En effet, votre kiné n’a pas les mêmes moyens financiers que vous. Disons que dans une fourchette entre 150€ et 300€  vous devriez trouver votre bonheur...

ESM or not ESM ?

Pourquoi pas ! Ce type d’appareil est utilisé en rééducation depuis les années 50 et les programmes d’entraînement des athlètes de l’ex URSS l’incluaient obligatoirement, ce qui est plutôt un gage de résultats.

Electrostimulateur

Liens utiles

L'intégration de la musculation dans l'entraînement roller

Grands principes de l'entrainement croisé en roller

Références

Texte : Thierry Feutrier
Photos : droits réservés 
Relecture : Iggnorance 

(1) Moreno Aranda et Seireg 1981

Gondin et al., European Journal of Applied Physiology, Oct 2011, Vol. 111(10), pp. 2473-87.

(2) Myklebust 1989

(3) "Effects of An Electrostimulation Training Program on Strength, Jumping, and Kicking Capacities in Soccer Players."
Billot et al., Journal of Strength and Conditioning Research, May 2010, Vol. 24(5), pp. 1407-1413.

(4) "Electromyostimulation Training Effects on Neural Drive and Muscle Architecture."

Gondin et al. Medicine & Science in Sports & Exercise, 2005, Volume 37(8) pp. 1291-1299.

(5) Theurel J et al. Differences in cardiorespiratory and neuromuscular responses between voluntary and stimulated

contractions of the quadriceps femoris muscle. Respir Physiol Neurobiol. 2007 Aug 1; 157(2-3):341-7.

(6) "Comparison of swim recovery and muscle stimulation on lactate removal after sprint swimming."Neric et al., Journal of Strength and Conditioning Research, Dec 2009, Volume 23(9) pp. 2560-2567.

Mis en ligne  le 30 January 2014 - Lu 5156 fois


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